McCain n’a pas dit son dernier mot

La crise financière, les sondages, l’inscription massive de jeunes sur les listes électorales, l’écart dans le financement des campagnes… Tout semble condamner John McCain à  une défaite annoncée. Même l’ampleur, cette année, du vote anticipé (plus de trente Etats permettent à  leurs électeurs, sous certaines conditions, de voter avant le 4 novembre) semble concourir à  la victoire de Barack Obama.

Pourtant, les Républicains veulent encore croire que rien n’est joué. Et pas seulement parce qu’ils espèrent, secrètement, un « effet Bradley » – voir la chronique d’hier.

Souvenons-nous d’abord que McCain est avant tout un battant. A l’été 2007, avant que ne commence la saison des primaires, il était donné pour mort politiquement: sondages désespérément plats, caisses vides, débandade de l’équipe de campagne… Il a tenu bon et l’a emporté sur tous les autres candidats républicains en quelques mois.

Ensuite, la « machine » électorale républicaine conserve de beaux restes. Reconstruite en quelques années par Karl Rove, le « cerveau » de Bush, elle s’appuie sur un réseau dense et actif de relais dans tout le pays, notamment dans certains Etats-clefs pour l’élection. Et même si cette année, l’organisation mise en place par l’équipe d’Obama semble bien meilleure, il n’est pas dit que les capacités de mobilisation réelles – pas seulement sur internet ou d’enregistrement de nouveaux électeurs sur les listes électorales – soient si différentes au final entre les deux camps.

Et puis, tout peut encore arriver. John Kerry, le candidat démocrate battu  en 2004, a toujours dit que la vidéo de Ben Laden, diffusée quelques jours avant le vote, avait joué un rôle essentiel dans la victoire de Bush. Un événement international qui redonnerait du souffle à  un McCain plus à  l’aise sur les questions géostratégiques que sur l’économie est toujours possible.

Enfin, il suffit de regarder les publicités télévisées de ces derniers jours pour comprendre que McCain a décidé de jouer l’attaque à  outrance contre Obama dans cette dernière ligne droite en espérant bien finir par le déstabiliser.

Jusque-ici cela n’a pas marché, mais qui sait ?

Chronique « Carnet d’Amérique » publiée dans le quotidien Nice Matin le 23/10/08. Télécharger cette chronique ici.

Etats-Unis

Laurent Bouvet View All →

Professeur de théorie et d'histoire des idées politiques à l'Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines.

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