Obama président : l’espoir d’une nouvelle Amérique

img_0046_21La victoire annoncée a eu lieu. Pour la première fois de son histoire, l’Amérique s’est donnée un président noir. C’est un chapitre de l’histoire des Etats-Unis qui se clôt aujourd’hui. Le symbole est puissant, le monde entier, qui a symboliquement voté Barack Obama, l’a bien compris. Mais après la célébration légitime de ce jour historique, va commencer, très vite, la « présidence Obama ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle aura lieu dans des circonstances particulièrement difficiles alors qu’elle devra répondre favorablement à la formidable vague d’espoir et d’enthousiasme qu’elle a soulevée.

Au-delà du symbole et de la portée historique du moment, on peut attendre des changements substantiels de cette nouvelle présidence. D’abord sur le plan international, sujet à partir duquel Obama a décidé d’entrer en campagne, comme opposant du premier jour à la guerre d’Irak. Le transfert des moyens et de l’attention de l’Irak à l’Afghanistan sera l’une des priorités du nouveau président. La guerre contre le terrorisme se poursuivra mais de manière plus ciblée, plus efficace et surtout mieux coordonnée avec les alliés des Etats-Unis. Bref, ce sera une présidence plus multilatérale bien que toujours attentive aux dangers du monde dans lequel elle va se dérouler. L’enjeu sera aussi de réduire les risques venus d’Iran et du Pakistan. La personnalité d’Obama, dont il a été souvent rappelé dans la campagne que le deuxième prénom est Hussein, lui facilitera incontestablement la tâche surtout s’il doit taper du poing sur la table, car nul ne pourra alors le soupçonner de racisme ou d’être un partisan du « choc des civilisations ». On peut également lui faire confiance pour mettre fin aux exactions, à la torture et aux dénis de droits des prisonniers de guerre qui ont tant terni l’image des Etats-Unis ces dernières années.

Les changements seront importants aussi du point de vue économique. La menace de la récession et les conséquences de la crise financière conduisent à penser autrement la régulation de l’économie par la puissance publique. A revenir non pas à l’interventionnisme keynésien mais au souci d’autres équilibres que celui des seuls marchés (financiers notamment). La nouvelle équipe, très solide économiquement, elle l’a montré au mois de septembre pendant la crise financière, sera mieux à même de gérer ce changement de cap que celle qui a conduit l’économie américaine dans le mur pendant les années Bush.

Mais que l’on ne s’y trompe pas, Barack Obama sera avant tout le « Président des Etats-Unis ». Il sera le garant et le promoteur des intérêts de son pays. Et, à ce titre, il pourrait bien décevoir les espoirs placés en lui par beaucoup de ses supporteurs à travers le monde. Il aura une position dure et en continuité avec ce qui s’est fait jusqu’ici dans la guerre contre le terrorisme, notamment en Afghanistan. Il négociera âprement sur les questions commerciales ou sur les questions d’environnement. Il traitera ses alliés et ses adversaires selon les intérêts de la puissance américaine et non en vertu de valeurs universelles.

Dernière chronique publiée sous le titre « Carnet d’Amérique » dans le quotidien Nice Matin le 6 novembre 2008.

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