Au Parti socialiste : quand ça veut pas, ça veut pas

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Ni Brignoles ni Marseille ne sont la France, chacun en conviendra aisément. Et sans doute certains s’en féliciteront-ils !

Les deux événements politiques de dimanche sont toutefois riches d’enseignements pour la suite, non tant en raison de leurs résultats particuliers – la victoire d’un candidat FN à une cantonale partielle dans le Var, et l’arrivée en tête d’une sénatrice-maire au premier tour des primaires à Marseille – que de par ce qu’ils révèlent de l’incohérence de la posture du Parti socialiste (on pourrait d’ailleurs dire de toute la gauche). Et si nos concitoyens ne sont pas nécessairement attentifs au moindre soubresaut partisan ou à la moindre déclaration de tel ou tel dirigeant politique, on peut gager qu’ils n’en perçoivent pas moins l’attitude d’ensemble d’un parti et de ses responsables lorsque se produit le téléscopage de deux événements de ce genre, aussi locaux soient-ils. D’autant plus quand ceux-ci gouvernent le pays.

A Marseille, la première place obtenue au premier tour de la primaire par Samia Ghali, a provoqué un mini-séisme. La candidate « officielle » du gouvernement à la mairie de Marseille, Marie-Arlette Carlotti, ayant été éliminée – et le député Patrick Menucci étant arrivé 2e. Ici, l’incohérence naît de l’écart entre le discours et la réalité au Parti socialiste. La réalité, c’est l’accueil particulièrement froid qui a été réservé à Paris à la gagnante du jour, accusée ni plus ni moins d’avoir triché, et d’être la candidate de, horresco referens, Jean-Noël Guérini dont le PS a juré la perte depuis qu’il a des ennuis judiciaires.

Malheureusement pour le PS, Samia Ghali présente toutes les caractéristiques que le parti met en avant depuis des années dans son discours lorsqu’il veut démontrer sa « modernité », son « progressisme » et sa capacité de « renouvellement » : elle est en effet une jeune femme issue de l’immigration et implantée dans les quartiers populaires. Jeunesse, parité, diversité, quartiers… Samia Ghali incarne à la perfection ce carré d’as du socialisme français début de siècle. Or la critique contre elle à raison de ses méthodes ou de ses soutiens politiques, au nom de la « transparence » notamment, pourrait être recevable si le PS avait d’abord et avant tout insisté là-dessus depuis 10 ans plutôt que sur les critères « identitaires » énoncés plus hauts, mais cela n’a pas été le cas.

A Brignoles, c’est le sempiternel exercice d’analyse du vote pour le FN qui est, une fois de plus, défaillant au PS. Qu’entend-t-on en effet depuis une semaine et jusqu’à aujourd’hui même ?

D’abord que le FN est un parti « national-fasciste » (ainsi que l’a qualifié cette semaine Thierry Mandon, porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale), qui ne change pas (jamais donc) et qui ne progresse pas ou marginalement puisque ce n’est que l’abstention massive qui lui permet d’obtenir, relativement donc, ses bons résultats et encore dans ses zones de force comme le Var précisément… Or, l’augmentation de la participation très nette entre les deux tours à Brignoles a permis au FN de mobiliser directement et davantage encore que ses adversaires. Au final, le PS en conclut pourtant qu’il est inutile de changer de méthode politique de « combat » contre le FN, une méthode qui a été imaginée et mise en œuvre pour la 1ère fois il y a 30 ans.

Ensuite que si le FN progresse tout de même (ah tiens…), c’est à cause de l’attitude de l’UMP devenu en quelques années un parti crypto-lepéniste (droitisation et lepénisation allant donc de pair), et bien entendu à cause des médias et des sondeurs qui sont soit directement à sa solde (le frère de Florian Philippot étant lui-même l’un de ses sondeurs… CQFD !), soit complaisants en le mettant ainsi que les thématiques qu’il défend en scène. On sait bien sûr combien la critique des sondages est versatile, et pas uniquement chez les politiques, un mauvais sondage étant nécessairement mal fait voire trafiqué, alors qu’un sondage favorable est incontestablement un « instrument » à prendre en compte malgré ses imperfections. On sait aussi ce que signifie l’influence de la presse sur l’opinion et, pis encore, sur les résultats électoraux. Ainsi, par exemple, chacun se souvient combien le soutien général de la presse à Edouard Balladur l’a aidé à devenir président de la République en 1995 ou encore combien l’enthousiasme de cette même presse pour le Traité constitutionnel européenne en 2005 a contribué à son adoption massive par référendum !

Enfin, qu’après avoir copieusement chargé l’UMP de tous les maux, le PS explique que seul le « front républicain » est susceptible de contenir la poussée du FN ! Ce qui résumé avec des mots simples donne à peu près le raisonnement suivant en cas de second tour FN-UMP : électeurs et électrices de gauche, mobilisez-vous pour aller voter pour le candidat du parti crypto-lepéniste responsable de la montée du FN afin de contenir une poussée électorale de ce même FN qui n’existe pourtant pas comme on vous l’a expliqué juste avant.

Avant même tout changement de politique, un discours clair, une attitude cohérente et une analyse raisonnable pourraient sans doute aider plus que ne le croient ses responsables le PS, et avec lui le gouvernement.

Une réflexion sur “Au Parti socialiste : quand ça veut pas, ça veut pas

  1. Ouaip, l’usure du PS semble absolue et c’est très impressionnant. Il n’y a plus rien mais peut-être n’y-a-t-il jamais rien eu à part « Europe glop, glop, Europe glop, glop ». De la révolution française aux alentours de 1970, la deuxième gauche qui fut la première droite n’aura été que catholique. Celui-ci mort, n’est-il pas remplacé par un simple fanatisme europérien? Le FdG reprend le thème, « Une not Europe, une not Europe! » et Mélenchon domine dans l’espace girondin.

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